Du rire à l’état pur. Du romantisme en petites coupures. Rythmée par des péripéties étonnantes, cette histoire qui paraît dérisoire va se conclure sur une note des plus saisissantes.

Le théorème de Cupidon, Agnès AbécassisLe théorème de Cupidon, Agnès Abécassis, Le Livre de Poche, 1er février 2012


Résumé
: Théorème de Cupidon (déf.) : Deux lignes parallèles ne se croisent jamais. Sauf si elles sont faites l’une pour l’autre. 

Adélaïde est exubérante, directe, rigolote, mais fuit les histoires d’amour. Philéas est timide, maladroit, sérieux, et ne pense qu’à conclure. Ils ont le même âge, travaillent tous les deux dans le cinéma, pourtant ils ne se connaissent pas. …Enfin, c’est ce qu’ils croient. 

Entre situations pétillantes et rebondissements irrésistibles, une savoureuse comédie à deux voix, l’une féminine, l’autre qui a mué. 

Mon avis : J’avais depuis longtemps envie de faire connaissance avec cette auteure. Et je n’ai pas été déçue, loin s’en faut ! J’avais déjà faillis succomber auparavant avec Chouette une ride ! lorsque j’avais découvert sa parution en librairie. À l’époque, j’ai vraiment beaucoup hésité…parce qu’une comédie, finalement, de temps en temps ça fait du bien. Et surtout si elle fait rire ! Ce qui est – ÉNORMEMENT – le cas avec ce livre. Qui est vraiment une incroyable découverte. Je suis donc très contente de ne pas être – cette fois-ci – passée cette année à côté d’un titre d’Agnès Abécassis.

Par ailleurs, l’histoire se compose de plusieurs chapitres, chacun étant attribué à l’un des personnages principaux. Ce qui permet, au final, d’avoir la vision et le ressenti différent, puisqu’une fois féminin et une fois masculin. Un premier point qui m’a beaucoup plu, et qui m’a rappelé comment les hommes peuvent penser différemment des femmes face à une situation donnée.

En outre, j’ai trouvé le choix de mots très judicieux et très bien recherché : on rentre très facilement dans le livre (à certains moments, je ne me rendais même plus compte du nombre de pages que j’avais lue tant j’avais été happée par le déroulement de l’histoire, c’est vous dire…) et on se laisse docilement emporté par la personnalité de chacun. C’est un vrai délice, d’ailleurs je peux bien dire que je n’en ai fais qu’une bouchée ! ^^

De plus, la construction de l’histoire est grandement menée. Au fil des évènements, certains éléments viennent se recouper, s’associer, comme les pièces d’un puzzle, comme si d’ailleurs tout était naturel, spontané et coulait de source. J’ai juste été – légèrement – chagrinée sur la fin qu’on imagine davantage qu’elle est décrite : Adélaïde et Philéas (comme cela se laisse deviner en lisant la 4e de couv’) entameront probablement une histoire commune, et on la devine – on la leur souhaite aussi – des plus divines. Les dernières lignes correspondent donc aux prémices de leur aventure amoureuse. Enfin, certaines informations concernant les protaginistes ne sont pas dévoilées (notamment par rapport à leur situation personnelle actuelle).

Je vous le conseille sivous aimez vous laisser tenter de temps à autres par des comédies drôlissimes, provoquant des éclats de rire incontrôlables (vous êtes prévenus). C’est piquant, émouvant, tordant, hallucinant, ébouriffant, GÉANT.

Extrait : « Sur le chemin, j’ai tenu mes chaussures à la main tandis que mes pieds, nus à travers le collant filé, foulaient le sol crasseux des trottoirs parisiens, m’octroyant au passage un délicieux, quoique surprenant, massage de la voûte plantaire. Étrange sensation que de sentir le monde vibrer par ces extrémités-là, bientôt noircies comme si j’avais marché sur des galets de charbon, mais peu importe. La perception était trop exquise, et me donnait une impression de liberté digne d’une petite fille de cinq ans. »

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