Qui n’a jamais rêvé de vivre dans un monde où il serait parfaitement heureux ? Où la question du bonheur ne se poserait même plus ? C’est ce que nous propose cet auteur de renom, alors venez vous plonger dans un monde meilleur, ou presque…

Le meilleur des mondes, Aldous huxley

 Le meilleur des mondes, Aldous Huxley, Pocket, 4 novembre 2002

Résumé : Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d’oeuvre de la littérature d’anticipation, a fait d’Aldous Huxley l’un des témoins les plus lucides de notre temps.

« Aujourd’hui, devait écrire l’auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s’abatte sur nous dans le délai d’un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d’ici là de nous faire sauter en miettes…Nous n’avons le choix qu’entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.»

Mon avis : J’ai été véritablement bluffée et choquée du même coup en lisant ce livre. Dès les premières pages, l’auteur nous plante le décor avec sa vision d’un monde futur. Ses idées de visionnaire avancé sont pour le moins étonnantes, et bien qu’elles répondent à un système totalement différent que celui que nous connaissons actuellement, il n’est pas sans failles.

Reposant en effet sur un fondement médical extrêmement fort et riche en avancées scientifiques, il permet de créer des individus de toutes pièces. Ceux-ci sont ensuite affectés à des castes : les « Alphas » étant par exemple les plus élevés et les « Epsilons  » ou « Delta Moins » représentant des groupes inférieurs d’individus. La société se construit par elle-même en fonction de ses besoins propres et pour cela elle part du principe que chaque individu crééé est initialement déterminé à effectuer certaines tâches. Ainsi, il ne sent pas triste ou inutile : il ne peut qu’être heureux. Et si jamais un tel cas se présentait, un ingrédient, le soma, ne serait pas loin pour les évader de leur réalité quelques heures.

La première chose qui m’a interpellée en lisant ce livre a été : où est la liberté de choisir sa vie ? De faire ses propres choix, de déterminer ce qui nous convient le mieux ?

Par ailleurs, qui dit société fondée sur un modèle social et prenant source d’une avancée médicale majeure dit également impossibilité de ne pas se tromper. Car finalement, l’homme n’est pas parfait dans ce qu’il fait, et cet exemple de défaillance de création est démontré en la personne de Bernard. Cette illustration est d’autant plus éloquente qu’il s’agit d’un être qui possède la faculté de s’interroger sur lui-même et le sens de sa vie, de constater les revers du système dans lequel il évolue et ainsi de découvrir d’autres facettes de celui-ci.

J’ai cependant beaucoup apprécié cette lecture, car la version que l’auteur propose ici n’est sans doute en certains cas pas très éloignée de la réalité actuelle : les recherches scientifiques avançant sans cesse, créant et inventant à tout gré, la question qui intervient probalement alors est celle de savoir où poser les limites et quel monde nous souhaitons vraiment.

Je vous le conseille donc si…vous souhaitez avoir une vision futuriste d’un monde étonnant dans lequel tout ce que vous connaissez aujourd’hui – ou presque – n’a plus de sens. Cette lecture permet de s’interroger sur la construction de notre système tout en évaluant celui suggéré dans ce livre.

Extrait : «  Le monde est stable à présent. Les gens sont heureux ; ils obtiennent ce qu’ils veulent, et ils ne veulent jamais ce qu’ils ne peuvent obtenir. Ils sont à l’aise ; ils sont en sécurité ; ils ne sont jamais malades ; ils n’ont pas peur de la mort ; ils sont dans une sereine ignorance de la passion et de la vieillesse ; ils ne sont encombrés de nuls pères ni mères ; ils n’ont pas d’épouses, pas d’enfants, pas d’amants, au sujet desquels ils pourraient éprouver des émotions violentes ; ils sont conditionnés de telle sorte que, pratiquement, ils ne peuvent s’empêcher de se conduire comme ils le doivent. Et si par hasard quelque chose allait de travers, il y a le soma… « 

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