De situations futures étonnamment possibles en passés étrangement probables, l’auteur nous invite ici à le suivre dans les méandres de son imagination à travers 17 nouvelles, toutes plus surprenantes les unes que les autres.

Paradis sur mesure, Bernard Werber

Paradis sur mesure, Bernard Werber, Le Livre de Poche, 2 juin 2010

Résumé : Futurs possibles, passés probables…

Imaginez un monde uniquement peuplé de femmes, où les hommes ne sont plus qu’une légende…

Imaginez un monde où il est interdit de se souvenir du passé, où les gens n’ont qu’un seul intérêt : le cinéma…

Imaginez un humoriste qui partirait à la recherche du lieu où naissent les blagues anonymes…

17 histoires sous forme de contes, légendes ou fables.

17 histoires fantastiques pour frémir, rêver ou sourire.

Mon avis : Après avoir été éblouie par l’empire des anges et transportée par le livre du voyage, Paradis sur mesure est donc le 3e titre que je lis de cet auteur. Et pour cette fois, il a été question d’un recueil de nouvelles.

L’idée n’a pas été certes pour me déplaire et j’ai été emballée par certaines de ses histoires qui m’ont notamment conquise au niveau de leur originalité. Plus particulièrement, celles s’inscrivant dans le thème du futur possible. J’ai trouvé les idées admirablement réfléchies et développées. Ainsi, les histoires dont je peux dire qu’elles m’ont le plus plues sont :

Et l’on pendra tous les pollueurs : Dans cette histoire, il s’agit de bannir toute pollution, le trou dans la couche d’ozone atteignant sa limite extrême. Par conséquent, un monde nouveau est mis en place comportant la promulgation de 7 lois antipollution ainsi que divers représentants de l’ordre ayant pour objectif de faire respecter ces lois : l’APA (Anti-Pollution Army), la PAP (Police Anti-Pollution), la PAPM (Police Anti-Pollution Montée, une section de cavalerie). L’histoire suit un homme travaillant dans une agence de détective privé missionné par un représentant de la CMNY (Compagnie du Métro de New York) de découvrir un secret d’innnovation de la SBNY (Société des Bus de New York).

Le sexe des fleurs : L’histoire ici part du principe de l’incapacité des humains à se reproduire entre eux. Dès lors, des recherches sont engagées pour y remédier, jusqu’au jour où par hasard ils réalisent qu’ils peuvent désormais engendrer des descendants à l’aide d’un papillon particulier, le Monarque. Découlera ensuite de ce constat toute une suite d’évènements.

Demain les femmes : Il s’agit de l’histoire d’une biologiste réalisant des expériences en laboratoire dans le but de rendre les humains résistants aux radiations radioactives. Sa mère, biologiste elle-aussi, va l’aider dans sa quête. Et lorsqu’elles mettront finalement au point un procédé efficace, certaines personnes chercheront à s’en emparer.

Le maître de cinéma : Dans cette histoire, David Kubrick, le descendant de Stanley Kubrick est considéré comme un réalisateur de génie. Il produit des films qui séduisent nombre de foules, et se garde bien de dévoiler sa vie. Certaines persones vont mener l’enquête et découvrir une vérité franchement déroutante à propos de certains de ses films…

Là où naissent les blagues : Un humoriste est au sommet de sa carrière. Sa spécialité : les blagues. Ces dernières sont a priori créées par ses auteurs mais cette réponse ne suffit à celui dont le but est de faire rire. Il décide alors, après l’un de ses spectacles, de partir à la recherche de l’origine des blagues, et notamment de celle qui l’a rendue célèbre. Et il va faire une bien curieuse découverte…

Je vous le conseille si…vous souhaitez lire un titre de Bernard Werber comprenant des histoires courtes, étonnantes, originales, singulières.

Voici un extrait de Là où naissent les blagues : «  C’était un début de piste. Il s’y risqua d’abord avec prudence. Après avoir longuement observé la salle, il s’aventura jusqu’au zinc. Là il écouta quelques ivrognes groupés autour du truculent patron. Ce dernier arborait un noeud papillon rouge et des pommettes rebondies striées de veines éclatées, comme s’il avait tellement ri qu’il en avait fait exploser ses joues. Tous parlaient très fort comme s’ils souhaitaient transformer leur entourage en public attentif. – Et celles des deux grosses paysannes qui partent en vacances en Roumanie le jour de la fête des oies, tu la connais ? Tristan Magnard observait le patron : fiches bristol en main, l’homme notait à l’aide d’une plume et d’un encrirer toutes les blagues qu’on lui racontait. Les rires en bourrasques formaient comme un ressac qui éclatait sur un rythme régulier. Seule la distribution de bière apportait une pause entre les histoires. Tristan Magnard resta toute la journée dans le bar, à observer, faciné, notant scrupuleusement tout ce qu’il se passait dans ce lieu ouvert. « 

Rendez-vous sur Hellocoton !