Une amitié que l’on croit dur comme fer. Des histoires qui paraissent sans importance. Un quotidien pourtant hors du commun. Et au-delà de cette vie qui asphyxie, il y a les rêves. Et les espoirs. Une lecture magnifiquement triste. Une histoire belle et douce, tendre et triste.

D'acier, Silvia Avallone

D’acier, Silvia Avallone, Liana Levi, 7 avril 2011

Résumé : Il y a la Méditerranée, la lumière, l’île d’Elbe au loin. Mais ce n’est pas un lieu de vacances. C’est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l’aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires…Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souvenirs de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d’évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s’emparer de l’avenir.

Mon avis : Ce roman est absolument bouleversant. Toujours empruntant une tonalité douce-amère, il brasse le quotidien de ces deux jeunes filles, Anna et Francesca. Une existence en apparence anodine, mais qui comporte cependant des blessures réelles.

Anna, belle brune avec des boucles, est une fille intelligente et espiègle. On sent dans son personnage une énergie et une envie de dévorer la vie sans pareille. Elle a envie de vivre, de voyager, d’explorer, de ressentir.

Elle a un grand-frère, Alessio, qui travaille à la Lucchini, la fameuse aciérie qui fait travailler quasiment l’ensemble de la ville. Sa mère, Sandra, est à la maison pour s’occuper de sa famille. Son père, Arturo, est souvent absent.

Francesca, belle blonde élancée, mise tout sur son physique. Elle souhaite devenir mannequin et voyager. Elle est fille unique. Sa mère, Rosa, est aussi à la maison pour s’occuper de sa famille. Quant à son père, Enrico, il exprime toujours son mécontentement à travers de violents accès de rage et de colère pouvant aller très loin, que ce soit envers sa fille ou envers sa femme.

Anna et Francesa donnent l’impression de se sauver l’une l’autre grâce à leur amitié. Elles s’inventent un monde, un ailleurs qui leur permet de s’échapper, de respirer, de rêver.

Elles vont faire chacune des rencontres, rencontrer l’amour, connaître leurs premières fois, mais surtout un évènement inattendu va venir bouleverser leur amitié…

Au final, dans leur vies où tout est fait d’acier, elles vont devoir prendre sur elles pour avancer, continuer, malgré un quotidien insupportable, malgré un avenir inenvisageable, malgré une vie presque intolérable.

De retournements de situations en désordre, confusion, chaos, blessures, chacun sait que malgré les obstacles ardus sur notre chemin, au bout du tunnel, la lumière renaît.

Pour information, ce livre est en cours d’adaptation au cinéma.

Je vous le conseille si…vous souhaitez avoir une vision de l’Italie différente de celle que vous connaissez et être ébranlé par le quotidien de ces deux jeunes filles pas comme les autres.

Extrait : «  Tout, dans cet endroit, était immobile, comme enfermé dans un aquarium. Passant d’un jeu à l’autre, elles lui redonnaient vie, comme les petites filles qu’elles avaient été. Un jour où le père de Francesca lui avait fait trop peur et que celui d’Anna n’avait pas arrêté de lui crier dessus, elles avaient décidé de s’enfuir. Elles étaient parties à pied, s’aventurant jusque dans le quartier de Diaccioni. C’était la première fois qu’elles allaient si loin, et c’était ce jour-là qu’elles avient découvert ce jardin. Il avait toujours été ainsi : vide. Un petit paradis en l’honneur d’Anna et Francesca.

Elles y étaient revenues tous les après-midi après l’écolé, pendant des mois. Pour jouer à la maison. Elles faisaient semblant de faire la cuisine, laver le linge, le mettre à sécher, comme deux époux imaginaires. Mais les babouins s’en étaient aperçus, qu’elles avient cessé de jouer dans la cour, et nom de Dieu mais où elles étaient donc fourrées, à toujours rentrer à huit heures du soir ? Avec tous ces pédophiles qui traînent.« 

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