Nous sommes différents de par notre culture, notre origine, notre façon de penser, de vivre…mais nous nous rejoignons par nos espoirs et nos rêves. Nous avons chacun notre histoire, notre vécu, nos expériences et si elles nous sont propres et définissent notre identité, dans notre coeur nous portons les mêmes envies de réalisation et de paix. Ensemble, nous tendons vers le bonheur, essayons de vivre avec respect et dignité. Des valeurs fortes et humaines qui nous construisent, que nous présente cet ouvrage si vrai et si sincère.

7 milliards d'autres, Yann-Arthus Bertrand7 milliards d’Autres, Yann Arthus-Bertrand, Fondation GoodPlanet, Éditions de La Martinière, 26 avril 2012

Résumé : Apprendre de l’expérience de l’autre, entendre ce qui nous sépare, découvrir ce qui nous rassemble : tel est l’objectif de 7 milliards d’Autres.

Depuis 2003, des reporters ont filmé et récolté les témoignages de 6000 hommes et femmes dans 84 pays. Autant d’individus qui se sont ainsi livrés, ont confié leur rêves, leurs espoirs, leurs parcours de vie, leurs histoires d’amour, leurs peurs, leurs colères…

Yann Arthus-Bertrand et sa fondation Goodplanet font partager cette exceptionnelle collection de milliers de réponses au travers de grandes expositions vidéos organisées aux quatre coins du monde, ou encore sur le site Internet du projet.

Cet ouvrage présente une multitude de ces témoignages – autant de points de vue et d’expérience qui nous font prendre conscience que dans l’Autre, il y a aussi beaucoup de nous.

Mon avis : Auteur de différents ouvrages et rendu célèbre par le fameux La terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand n’est plus à présenter. J’avais déjà beaucoup apprécié ses différents livres et m’étais plongée avec passion dans l’émisssion qui porte le même nom. Mais plus que de faire un constat et un compte-rendu sur l’état des lieux de notre monde d’aujourd’hui, il cherche à éveiller la conscience de chacun afin que nous prenions les mesures qui s’imposent.

Avec 7 milliards d’Autres, il porte un regard sur l’humain : ses conditions de vie en fonction du lieu où il est, ce qu’il a vécu, ses souvenirs… Au final, il dresse des portraits profondément touchants et vivants. Un ouvrage qui m’a tout de suite intéressée.

Au départ, le projet s’intitulait 6 milliards d’Autres (dont il existe également un ouvrage), mais il a cependant changé de nom lors du passage offficiel à 7 milliards d’êtres humains sur Terre le 31 octobre 2011.

Cette lecture m’a beaucoup émue. Je me suis sentie troublée par certains témoignages, des portraits de gens qui ont vécu des expériences atroces – des guerres notamment –  et leur laissant des souvenirs indélébiles. Un vécu lourd, parfois oppressant. Ces personnes, qui vivent encore dans des pays en voie de développement ou pauvres semblent plus sages, plus éclairés sur le sens de la vie que celles qui vivent dans des conditions de vies plus que confortables. Pourtant ces gens ont continué à vivre et à y croire malgré les douloureuses expériences qu’ils ont vécu. Je me suis souvent inclinée intérieurement face à leur force d’esprit, leur remarquable courage et l’énergie qui les a portée à aller de l’avant. Un premier point qui m’a fait réfléchir.

De plus, cela montre, selon l’endroit d’où chacun vient, les différences de niveaux de vie, de rapport homme/femme, la culture, les mentalités, l’éducation, la langue…etc. Il existe donc encore actuellement des disparités énormes, fondamentales entre certains pays du monde.

En effet, dans certains pays, on peut se rendre compte à travers ces témoignages et ces portraits, à quel point les conditions de vies sont différentes que celles que l’on peut connaître en France : les droits accordés aux femmes, la liberté dont nous disposons. En Inde ou en Afrique par exemple, les femmes doivent – encore – se marier jeunes, s’occuper des tâches ménagères et des enfants.

Par ailleurs, alors que certains comportements seraient réprimés ici, ils sont laissés en liberté dans d’autres pays. On ne mesurera jamais assez la chance d’être né dans un pays où si l’on doit accomplir certains devoirs, nous avons des droits. Des droits qui nous permettent une liberté d’expression, l’accès à l’éducation et à la culture. La liberté de choisir notre vie, nos rêves. Même si ces derniers demandent souvent une perpétuelle lutte et un investissement certain.

Aujourd’hui, au XXIe siècle, les disparités sont réelles et existent. Pourquoi dans certains pays des injustices demeurent-elles encore ? Pourquoi certains droits sont-ils encore bannis ?… Autant de questions justes et criantes que nous revèle cet ouvrage sans précédent. Autant de prises de conscience à adopter immédiatement pour avancer sereinement, et essayer à son niveau, de faire avancer le monde et ses moralités dans la bonne direction.

Ainsi, je trouve admirable le travail effectué par la fondation GoodPlanet, ce projet à l’inititative de Yann Arthus-Bertrand, car l’on peut venir du Guatemala, de la Suissse, de la Pologne, du Rwanda ou de La Réunion…et être pareils dans le fond. Si d’apparence nous sommes différents, par aussi notre culture, notre façon de penser et de vivre, nous chérissons les mêmes espoirs, les mêmes rêves. Nous souhaitons aller de l’avant, progresser dans un monde juste, en paix et protéger l’endroit dont nous venons. Nous sommes donc différents…mais finalement pareils.

Je vous le conseille si…vous souhaitez découvrir des points de vue et des façons d’envisager la vie différents que ceux que vous pouvez avoir.

Extraits choisis :

 » Moi, je suis la plus heureuse quand on fête quelque chose : quand on baptise un enfant, c’est là que je suis la plus heureuse. Quand il y a une naissance dans la famille, on est content, particulièrement quand c’est le premier enfant. Alors je bois, je danse, je suis contente, je fais la fête.  » Jelica, vit en Serbie.

 » Mes parents m’ont appris à endurer la pauvreté et la peine. Ma vie en famille, quand j’étais petit, est associée à la guerre et à la terreur qu’elle provoquait. Nous n’avions pas grand-chose et tout le monde était pauvre ! Nous ne rencontrions que des difficultés pour vivre.  » Kouta, vit au Japon.

 » Oui , j’ai été victime de discrimination raciale. Quand on allait à la ville de La Paz – plus maintenant, mais avant, il y a environ dix ans – une personne de couleur était toujours vue d’une manière ségrégationniste. Si tu voulais parler, prendre un micro, on te disait : « Toi, le Noir ? Pourquoi ? »  » Deciderio, vit en Bolivie.

 » Les installations sanitaires ici ne sont pas bonnes. Personne n’écoute nos plaintes, nous avons des problèmes d’égouts. Nous informons les personnes compétentes, mais rien ne change. Nous avons des problèmes d’eau. Certains jours nous en avons et d’autres non. Quand on se plaint au gouvernement, il ne nous écoute pas non plus. De temps en temps, on peut manquer d’eau pendant dix jours et ensuite en avoir pendant dix minutes.  » Poonam, vit à Dehli, Inde.

Pour plus d’informations :

http://www.7billionothers.org/fr/node/44

http://www.yannarthusbertrand.org/

http://www.goodplanet.org/

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