Bouleversant. Pétillant. Effrayant. Grave. Joyeux. Triste. Drôle. Amer. Vivant.

Mauvaise fille, Justine Lévy

Mauvaise fille, Justine Lévy, Stock, 16 septembre 2009

Résumé : « Maman est morte, je suis maman, voilà, c’est simple, c’est aussi simple que ça, c’est notre histoire à toutes les trois. Tu en mets du temps à raconter les histoires, je me disais quand elle me racontait une histoire dans mon lit. Là c’est allé vite, si vite, le regard de maman dans le regard de ma fille, c’est là qu’elle est, c’est là que je la retrouve, et dans ses gestes aussi, dans les gestes impatients, un peu brusques, de ma petite fille doublement aimée. Maman vit en Angèle qui court sur la pelouse interdite. Maman me parle et me sourit quand Angèle lance son regard de défi aux adultes qui la rattrapent et la grondent. Maman est là quand Angèle tombe et se relève aussitôt, les dents serrées, pour ne pas pleurer. Elle est dans le cri qu’elle ne pousse pas, dans sa petite grimace d’enfant crâne qui ne compose pas. Partout, dans mon enfant, ma mère a laissé son empreinte. »

Mon avis : Ce livre est la suite de Rien de grave, le premier roman que j’avais découvert de l’auteure. De cette première plongée dans son univers, j’en avais retenu le rythme, tantôt rapide, tantôt lent. Celui qui s’arrête sur les détails, les moments précieux, les instants légers, comme une parenthèse dans le temps. Un style fluide, aérien. Et des émotions à fleur de peau. Brut de décoffrage. Une histoire sincère, parfois triste, souvent drôle. Ce sont ces mêmes éléments que j’ai retrouvé avec plaisir et chaleur dans Mauvaise fille.

Justine Lévy nous livre une suite bouleversante avec ce roman. Deux évènements marquants et contraires. Toux deux permettant de se constuire, de s’endurcir. Et toujours ces mêmes questionnements sur la vie et ses incompréhensions. Toujours ces doutes, ces angoisses, ces espoirs. Tous ces ressentis humains qu’elle fait transparaître à travers les lignes. On se sent pris aux tripes, vivre avec l’héroïne, ressentir et s’émouvoir tout comme elle. Au final, une histoire qui ne vous laisse pas indemne. Mais au-delà des regrets, du chagrin et des reproches qui peuvent exister, ce qui ressort d’autant plus fort, ce sont les sentiments, invisibles et si présents à la fois, ceux que l’on ressent pour ceux qu’on aime. Ceux qui font que l’on soit et que l’on se sente vivant.

Assurément, une lecture qui m’a séduite, tant par sa force que par sa douceur.

Je vous le conseille si…vous souhaitez découvrir la suite de Rien de grave qui s’inscrit sur la même belle lancée que ce dernier.

Extrait :  » Papa me serre dans ses bras. Ma fille. Mon bébé. Ma toute petite fille bébé. Ma petite orpheline. Je n’ai plus l’âge pour tout ça. Mais avec papa j’ai le droit. Avec papa j’ai tous les droits. Je me laisse cajoler par papa comme un petit paquet, un bébé, un gros bras, je ne sais plus. Et je sens mon enfant, dans mon ventre, qui me laboure de coups de pied, elle ne sait pas encore qu’on ne doit pas frapper sa mère, elle veut peut-être me punir, ou me distraire, ou me rappeler à la vie, à sa petite vie qui commence, hé je suis là, moi aussi, ou peut-être qu’elle a faim, ou pour rien, parce que c’est comme ça, parce que c’est la vie qui palpite, qui veut croître, qui proteste, la vie dans le ventre, la vie comme dans une poupée russe, et au même moment, maman, en bas, dans la terre, cogne et tambourine contre le bois, ça s’appelle la concordance des temps et ce sera ma vie maintenant. « 

Pour information, ce livre a été adapté au cinéma par le compagnon de Justine Lévy, Patrick Mille, le 28 novembre 2012.

Mauvaise fille-film

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