Comment atteindre le bonheur ? Se rapporte-t-il à plusieurs définitions nous permettant d’y accéder ? Dans Le bonheur d’être soi, Moussa Nabati nous propose de le chercher à travers notre intérieur propre, nous permettant d’être libres, heureux, non dépendants des autres et pourtant en lien avec eux.

Le bonheur d'être soi, Moussa Nabati

Le bonheur d’être soi, Moussa Nabati, Le Livre de Poche, avril 2008

Résumé : Le bonheur est en chacun de nous. C’est une disposition, une aptitude interne. À travers de nombreux témoignages, Moussa Nabati nous montre que le seul vrai obstacle empêchant l’adulte de goûter au bonheur provient de sa difficulté à oser être lui-même.

Etre soi, cela veut dire s’aimer, se respecter, savoir ressentir, choisir, désirer et s’exprimer en son nom propre, pour son compte. C’est avoir un psychisme autonome, différencié des autres mais relié à ses origines et son passé.

Dès lors, il n’y a rien de particulier à faire, aucune recette miracle pour trouver le bonheur : seule la pacification avec sa propre histoire permet de s’en rapprocher.

Mon avis : J’ai été complètement bouleversée par cette lecture. Je dois dire que je ne m’attendais pas à autant de précisions. Le résumé en 4e de couverture de ce livre n’aurait pu être plus explicite. Cependant, loin de rester en surface, cet ouvrage nous invite à effectuer un plongeon profond dans notre histoire personnelle, dans notre roman familial, afin d’en distinguer les noeuds et de parvenir à les solutionner.

D’après l’auteur, notre incapacité à être totalement « nous », à nous sentir entièrement vivants, non dépendants, entiers et libres, a fortiori donc à atteindre cet état de grâce, de plénitude, qu’est le bonheur tiendrait au fait d’une certaine culpabilité inconsciente résultant de ce qu’il nomme la DIP, la dépendance infantile précoce. Il nous propose de nous rémémorer notre enfance, de vérifier quels moments clés auraient pu la marquer d’une façon ou d’une autre, y insérer une quelconque blessure psychologique presque « invisible » nous empêchant d’être pleinement heureux.

Tant que l’on ne prendra pas conscience de cette DIP, nous ne pourrons être nous-mêmes, libres, heureux et profiter d’un bonheur simple et total. Afin de nous y aider, Moussa Nabati s’appuie sur plusieurs témoignages de personnes vivant complètement enfermées dans leur DIP et incapables d’en sortir. Il commente leurs réactions, les explique et propose les moyens pour s’en sortir. Toujours d’après son avis, une personne qui ne prend pas conscience de ses blessures causées dans ce qu’il appelle « l’Ailleurs et l’Avant » cherchera par tous moyens des solutions pour combler sa souffrance. Un exemple type est par exemple la dépendance à l’alcool, aux drogues dures ou aux jeux de hasard.

Cependant, loin de les en délivrer, ces solutions « temporaires » ne feront qu’aggraver leur état de santé, leur culpabilité inconsciente et donc leur DIP. Il tente de rendre compte de l’importance de cette prise de conscience notamment en nous montrant que dans certains cas par exemple, une ou des personne(s) qui n’auront pas résolu leur blessures personnelles et inconscientes auront tendance à les projetter sur leur entourage et à répéter une sorte de schéma familial.

Je me suis retrouvée à plusieurs endroits de ce livre, j’ai pu comprendre beaucoup de choses qui m’ont véritablement aidée (surtout des comportements) à tel point que parfois j’ai eu l’impression que des lignes avaient été écrites spécialement à mon intention !

Je pense que Moussa Nabati oeuvre dans la bonne voie en mettant le doigt sur ce phénomène. Toutefois, la prise de conscience dont il fait mention et dont il insiste est difficile à réaliser (d’après moi) pour certaines personnes. Ces dernières doivent en effet se faire probablement aider par une tierce personne, en fonction de la gravité de la DIP qui les habite. Enfin, le vocabulaire qu’il utilise est souvent emprunté à celui de la psychologie, certains termes sont complexes à comprendre dans leur définition, mais cependant essentiels dans la compréhension de ce qu’il cherche à expliquer.

Je vous le conseille si…vous souhaiter être vous-mêmes, comprendre votre histoire du passé afin que celle du futur s’inscrive dans un bonheur constant.

Extrait :  » Le bonheur consiste à devenir soi, adulte, individué, psychologiquement autonome, défusionné par rapport à la matrice maternelle. Il sourit à celui qui jouit d’une intériorité propre, certes à distance de la pulsion, de l’héritage transgénérationnel et des normes de la société, mai néanmoins reliée à eux. Tous ces processus de séparation-lien ont pour fonction de protéger le sujet du chaos, des confusions de places et de fonctions. Ils lui permettent ainsi de se sentier entier et vivant dans sa maison/soi grâce à la libre circulation libidinale. « 

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