Le château de ma mère, Marcel Pgnol

Le château de ma mère, Marcel Pagnol, De Fallois, 25 août 2005

Résumé : Ce deuxième tome est dans le prolongement chronologique de La gloire de mon père. Il évoque la rencontre de Lili des Bellons, et du parcours des deux garçons dans la garrigue pour poser des pièges. Ses vacances et sa vie entière en seront illuminées, du coup la fin de l’été est un drame pour Marcel, qui décide de fuir pour vivre dans les collines, avec l’aide de Lili.

Un an après La Gloire de mon père, Marcel Pagnol pensait conclure ses Souvenirs d’enfance avec ce Château de ma mère (1958), deuxième volet de ce qu’ il considérait comme un diptyque, s’achevant sur la scène célèbre du féroce gardien effrayant la timide Augustine. Le petit Marcel, après la tendresse familiale, a découvert l’amitié avec le merveilleux Lili., sans doute le plus attachant de ses personnages. Le livre se clôt sur un épilogue mélancolique, poignante élégie au temps qui a passé. Pagnol y fait vibrer les cordes d’une gravité à laquelle il a rarement habitué ses lecteurs.

Mon avis : Retrouvé au fond d’un placard chez ma grand-mère, ce livre m’a tout de suite interpellée : n’avais-je pas déjà lu en classe La gloire de mon père ? Ma mémoire se rappelant de cette lecture, cette suite ne pouvait pas mieux tomber ! Et nous voilà partis, lui et moi dans une aventure pétillante de lecture…

Et quelle aventure ce fut ! Les émotions et les sentiments transparaissant des mots donnent de la profondeur au récit, le rendant vivant et dynamique. Cela a été une lecture fort agréable, riche en rebondissements. On ressent clairement l’amour et la tendresse, mais aussi le respect et le sérieux existant dans la famille de Marcel, que ce soit avec son père, sa mère, son frère Paul, sa soeur ou encore son oncle Jules et sa tante Rose. L’amitié qu’il entretient avec Lili est omniprésente et se manifeste avec beaucoup de douceur et de complicité entre les deux jeunes garçons. Par ailleurs, la description des paysages sublime l’histoire, tout comme celle de l’ambiance lors des évènements et du ressenti de l’auteur enfant. La fin est quant à elle, étonnamment bouleversante.

Enfin, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, plus ancien, plus fourni, plus exact, plus en détails, utilisé par l’auteur.

Je vous le conseille si…vous souhaitez vous plonger dans l’un des pans de la jeunesse de l’auteur et vous laisser emporter par une belle histoire d’amitié.

Extrait :  » Je relus deux fois ma prose, et l’y apportai quelques corrections de détail; puis, armé d’une plume neuve, je la recopiai, un buvard sous la main et la langue entre les dents. Ma calligraphie fut soignée, et mon orthogaphe parfaite, carje vérifiai, au moyen du Petit Larousse, quelques mots douteux. Le soir, je montrai mon ouvrage à mon père : il me fit ajouter quelques s, et barrer un t inutile, mais il me félicita, et déclara que c’était une belle lettre, ce qui remplit d’orgueil mon cher petit Paul.  »

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