Elles sont étonnantes, intriguantes, passionnantes, bouleversantes, abracadabrantes. Elles ? Ce sont les vingt nouvelles regroupées dans ce titre curieux, que l’auteur nous invite à venir découvrir.

L'arbre des possibles, Bernard Werber

L’arbre des possibles et autres histoires, Bernard Werber, Le Livre de Poche, novembre 2004

Résumé : Vingt petites histoires sous forme de contes, de légendes, de minipolars. Bernard Werber nous offre avec L’Arbre des possibles des récits fantastiques où les dieux vont à l’école pour apprendre à bien gouverne leurs troupeaux d’humains, où ls objets sont soudainement remplacés par leurs noms, où les gens ont l’esprit limité pour ne compter que jusqu’à vingt, où l’on par en vacances au XVIIe siècle après s’être fait vacciner contre la peste. Les hypothèses scientifiques les plus extraordinaires sur la conscience des végétaux, les probabilités de futurs de l’humanité ou les voyages spatiaux côtoient les théories philosophiques les plus amusantes. Foisonnant d’idées poétiques, de décors grandioses, de personnages drôles et truculents, ce livre révèle un nouvel aspect de l’oeuvre de l’auteur des Fourmis et de L’Empire des anges.

Mon avis : Après m’être délectée du Paradis sur mesure, je ne pouvais que succomber à un autre recueil de nouvelles de Bernard Werber. Un format qui me convient bien, surtout que chaque histoire ne ressemble en aucun cas à celle qui la précède ou la succède. Pour certaines, mon envie de lecture est restée sur sa faim, je voulais connaître une suite ! Ainsi, je vais présenter celles qui ont le plus satisfait mon imagination :

Apprenons à les aimer : J’ai été curieusement intriguée par cette histoire qui révèle un rapport sur le mode de vie des humains. Les auteurs de ce denier pourraient probablement être des dieux (en référence à la nouvelle Attention : fragile), à moins que ce ne soient d’autres créatures de l’espace. Ils posent leur regard sur les hommes, leur façon de vivre et d’évoluer, de se reproduire et la façon de les élever en appartement. Ainsi, les hommes sont vus comme des créatures manipulables par d’autres, qui les ont observés afin de pouvoir d’une certaine manière, les contrôler. Intéressant et étonnant.

Le règne des apparences : Cette histoire révèle la nature au sens propre des personnes et des objets. En lieu et place de l’existence de n’importe quel monument existant ou autre chose, il y a désormais son nom et entre parenthèses, sa description et son utilité. Déconcertant.

Vacances à Montfaucon : L’une des histoires dont l’originalité m’a le plus conquise. Ici, il est possible de partir en vacances non pas dans l’espace, mais dans le temps. Ainsi, le protagoniste fait l’expérience de rejoindre le siècle de Louis XIV où il se rendra finalement compte que les moeurs et habitudes de vie sont bien éloignées de celles du siècle qu’il connaît.

L’arbre des possibles : Une nouvelle qui se base sur un concept révolutionnaire afin d’anticiper ou d’essayer de prévoir des évènements futurs. Ce concept serait élaboré par le « Club des visionnaires », regroupant divers intellectuels d’horizons différents. Ils imagineraient tous les futurs possibles ou probables, essayant de désigner les enchaînements logiques pour chaque évènement qui se réaliserait. Ce concept se nommerait l’arbre des futurs possibles et contiendrait la VMV, la Voie de Moindre Violence, à savoir comment une décision impopulaire sur le moment peut éviter des problèmes à moyen ou long terme.

Le mystère du chiffre : Une autre histoire dont l’originalité a su me séduire : il s’agit de peuples dont l’avancée dans la hiérarchie dépend du savoir au niveau des chiffres et notamment du fait de les aditionner ensemble. Ainsi, les plus sages connaissent les plus grandes opérations, tandis que les autres les apprennent au fur et à mesure. Cependant, il serait impossibe de compter et d’aditionner au-delà de certains chiffres, vérité ou rumeur ? C’est ce que va découvrir le protagoniste de l’histoire. Passionnant.

Le chant du papillon : Il s’agit de l’expédition lancée vers le soleil. Un équipage de quatre personnes décide de s’y aventurer afin de l’observer de plus près. Ils vont y découvrir des habitants, mais aucun autre indice ne sera dibulgué. Un des membre rendra l’âme tandis qu’un autre découvrira le secret du soleil qu’il promettra de garder pour lui afin que le reste de l’équipage puisse rentrer sur Terre sain et sauf. Intéressant

La dernière révolte : une nouvelle très étonnante, presque révoltante puisqu’elle concerne l’éradication des personnes âgées, notamment celles de plus de soixante-dix ans. Ici, le constat part du principe que ce sont des personnes qui coûtent trop chères à l’Etat et qu’il faut donc « s’en débarasser ». À cette fin, le Centre de Détente Paix et Douceur a été crééé. Cependant, les personnes concernées par cette mesure refusent de s’y plier et c’est ainsi que certaines personnes âgées se refugient dans un lieu sûr afin de continuer à vivre. D’autres personnes âgées vont alors les rejoindre et grâce à leur masse de plus en plus nombreuse, ils décideront d’en libérer encore d’autres, et même de régulariser leur situation afin qu’elle ne soit plus une gêne et un obstacle pour quiconque. Hélàs, leurs actions vont être réduites à néant.

Tel maître, tel lion : Très intriguante et tout autant origninale, cette nouvelle fait référence aux industries désireuses de faire toujours plus de chiffre et ainsi, de mettre un disposition des objets ou autres, susceptibles de séduire un grand public. C’est alors que sera crééé et mis en vente un lion de compagnie, permettant de s’adapter à la vie citadine. Connaissant très vite un franc succès, cette mode s’estompera cependant assez vite. Les maîtres n’étant plus intéressés par leur animal, ils ne savent comment s’en débarasser. Mais les industries, toujours soucieuses de plaire au public ne tarderont pas à trouver une solution.

Un monde trop bien pour moi : Une nouvelle également très étonnante qui m’a également beaucoup plu. Ici, le contexte fait que chaque objet du quotidien (réveil, pantoufles, grille-pain…) a le pouvoir de parler et d’interagir avec la personne qui en est le propriétaire. La personne ? Pas sûr qu’il s’agisse vraiment d’un être humain, doté d’un vrai coeur…

L’ami silencieux : Une histoire qui m’a surtout intéressée par un élément déterminant  : la possibilité pour les arbres d’agir dans le monde des humains, ce qui m’a rappelé avec beaucoup de joie le très beau roman de Didier Van Cauwelaert, Le journal intime d’un arbre.

L’école des jeunes dieux : Le monde des humains serait gouverné par les dieux. Ainsi, comme chez le humains, ceux-ci iraient à l’école et auraient pour objectif d’apprendre comment gérer des peuples avec tous les éléments essentiels qui peuvent le composer : la religion, la politique…etc. Par ailleurs, eux-mêmes se demandent s’ils ne sont pas gérés par des dieux supérieurs.

Je vous le conseille si…vous souhaitez découvrir ou approfondir votre connaissance de l’univers de Bernard Werber, en vous laissant séduire par des nouvelles plus intriguantes et passionanntes les unes que les autres. Par comparaison avec Paradis sur mesure, j’ai préféré celui-ci.

Voici un extrait de Vacances à Montfaucon :  » D’un geste auguste, Anselme Duprès dépose comme une offrande, dans les mains liées dans le dos de Pierre Luberon, une calculatrice rouge où s’inscrit le chiffre 2000. Pierre appuie sur la touche en se jurant bien que, Temporo assistance ou pas, c’est bien la dernière fois qu’il voyage dans le temps. L’année prochaine, il optera pour une réservation dans un hôtel-club sur la Côte d’Azur. En juillet, comme tout le monde. Fini les excentricités. « 

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