Ou comment apprendre à aimer un mode grammatical….

Les Chevaliers du Subjonctif, Erik Orsenna

Les Chevaliers du Subjonctif, Erik Orsenna, Le Livre de Poche, mars 2006

Résumé : Il y a ceux qui veulent gendarmer le langage et le mettre à leur botte, comme le terrible Nécrole, dictateur de l’archipel des Mots, et la revêche Mme Jargonos, l’inspectrice dont le seul idéal est d’« appliquer le programme ». Et puis il y a ceux qui ne l’entendent pas de cette oreille, comme Jeanne et Thomas, bientôt traqués par la police comme de dangereux opposants…

Leur fuite les conduira sur l’ile du Subjonctif. Une île de rebelles et d’insoumis. Car le subjonctif est le mode du désir, de l’attente, de l’imaginaire. Du monde tel qu’il devrait être…

Après l’immense succès de La grammaire est une chanson douce, Erik Orsenna, académicien hors norme, poursuit son combat en faveur de la langue, non pas en magister, mais en poète, en homme épris des mots et des vastes horizons qu’ils nous ouvrent.

Mon avis : Amoureuse des mots depuis bien longtemps, j’avais déjà été emballée par La grammaire est une chanson douce. Quel livre ! Avec des mots simples, étonnants, malicieux et porteurs de sens, Erik Orsenna sait créer des horizons enchanteurs et rêveurs. Des histoires qui, si vous n’êtes point encore épris des mots de notre langue française, vous feront tomber sous le charme de leurs particularités qui nous différencient des autres façons de s’exprimer.

J’attendais donc la suite avec impatience et Les chevaliers du Subjonctif s’est imposé comme une évidence.

L’histoire est douce et porteuse d’inombrables messages qui nous font réfléchir sur les mots et la vie. Cela laisse le temps de s’interroger, de penser une autre manière de vivre. L’auteur livre des mots simples, joyeux, drôles et caustiques. On est tranporté par la quête de Jeanne, par ce monde imaginaire qu’il crééé de toutes pièces et qu’il apporte au lecteur sur un plateau d’argent.

Je vous le conseille si…vous avez déjà lu La grammaire est une chanson douce. En effet, cela est la suite et il est préférable de commencer par celui-ci. Quoiqu’il en soit, les deux livres devraient à mon sens être utilisés comme supports d’étude à l’école !

Extrait : «  – Pourquoi tant de gentillesse ?

– Parce que, d’après ce que je vois, nous souffrons, vous et moi, de la même maladie grave : la curiosité. Vous savez que le mot « curieux » vient du latin cura : le soin ? Soyons fiers de notre défaut : être curieux, c’est prendre soin. Soin du monde et de ses habitants. Je serai demain matin chez vous.

Le temps d’ouvrir la bouche pour le remercier, il avait disparu. « 

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