Ils n’ont pas l’air si importants les accents, et pourtant…

La Révolte des accents, Erik Orsenna

La Révolte des accents, Erik Orsenna, Le Livre de Poche, 27 août 2008

Résumé : Depuis quelque temps, les accents grognaient. Ils se sentaient mal aimés, dédaignés, méprisés. A l’école, les enfants ne les utilisaient presque plus. Chaque fois que je croisais un accent dans la rue, un aigu, un grave, un circonflexe, il me menaçait.

– Notre patience a des limites, grondait-il. Un jour nous ferons la grève. Attention, notre nature n’est pas si douce qu’il y paraît. Nous pouvons causer de grands désordres.

Je ne prenais pas les accents au sérieux. J’avais tort.

Mon avis : Très bien lancée sur ma vague en ayant lu La grammaire est une chanson douce et Les chevaliers du Subjonctif, je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin. Je me suis donc emparée de cette troisième pépite et je l’ai dévorée…

Il est vraiment bon de lire Erik Orsenna. Ses mots sont drôles, faciles à comprendre, étonnants, plaisants. On se prend facilement à son récit et avec lui on vit des aventures vraiment très originales.

La langue française n’est pas forcément la plus aisée à apprendre et à comprendre ; cependant, c’est une langue qui possède une belle élégance à mon goûts. Elle est unique et dispose d’un choix plutôt large pour exprimer ce que l’on veut de façon précise. L’auteur s’amuse des particularités de celle-ci et du coup ses histoires permettent de mieux les approcher. C’est jubilatoire, hilarant, excellent.

Je vous le conseille si…vous souhaitez vous délecter d’une histoire drôle et singulière à souhait.

Extraits :  » Il était une fois…

Je ne sais pas vous, mais moi, dès que j’entends ces quatre mots, je ronronne, je m’abandonne, je prends la mer ou je m’envole, je m’étends, je m’agrandis, je ne suis plus Jeanne, plus seulement Jeanne, je deviens qui on veut, un Esquimau, une Tahitienne, un éléphant, une fourmi rouge, un arbre du voyageur…ou Dieu lui-même.

Et mon nouvel ami avait l’une de ces voix qui vous emportent, chaude, grave, lente, une voix dans laquelle on se blottit dès les premiers mots. « 

 » Ils étaient là, réfugiés dans une vallée haute. Une sorte de plateau, un vaste rectangle de neige entre quatre parois qui s’élevaient droit vers le ciel.

– A partir de maintenant, plus un mot, plus un geste !

Tom avait perdu la mine conquérante et rigolarde que lui donnaient ses succès auprès de Starmania. Son visage était celui d’un petit garçon intimidé que j’avais jadis bien connu : mon frère à cinq ans.

Dissimulés derrière une enfilade de rochers, nous pouvions observer à notre guise ce formidable rassemblement. Ils étaient là, tous là sans doute, une collection complète des accents de la planète. « 

Rendez-vous sur Hellocoton !