La femme du Ve, Douglas Kennedy

 La femme du Ve, Douglas Kennedy, Pocket, 2 décembre 2009

Résumé : Jeté hors de chez lui par sa femme, loin de sa fille et renvoyé de son poste de professeur d’université, Harry Ricks n’a plus grand-chose à perdre. Réfugié à Paris, ses seules perspectives sont d’aller au cinéma et de tenir le plus longtemps possible avec ses maigres économies. Sans le sou, il découvre bientôt, lui l’intellectuel américain, une ville sordide, celle des marchands de sommeil, des clandestins et des combines louches.

Aussi, quand il rencontre Margit, femme élégante et sensuelle, il plonge avec délice dans le jeu de séduction dont elle édicte les étranges règles. Un jeu troublant, plein de plaisirs, de mystères, et, ce qu’Harry ignore encore, de dangers…

Mon avis : Je ne connaissais absolument pas la plume de Douglas Kennedy, bien que l’ayant aperçue à plusieurs reprises dans des librairies. Etrange, mais…il y a quelque chose qui me retenait d’accéder à son univers. Peut-être me fallait-il davantage de temps. Il faut dire aussi que les romans aux histoires tourmentées, policières, à caractère dramatique ont très peu de chances de capter mon intérêt. Sauf exceptions. En voici une.

J’ai très vite été accrochée par l’histoire que trace la plume de l’auteur : dès les premières pages, un mystère plane sur le personnage principal. Plusieurs dizaines de questions sont venues s’entremêler dans ma tête, tandis que je tentais de suivre le cours de ses aventures. Malgré de nombreuses déconvenues, une tenacité plutôt hors du commun le pousse à persévérer dans sa situation plus que désespérante. Mieux : il demeure positif et arrive à sourire de ce qui lui arrive. Ces touches d’humour intégrées avec brio par l’auteur ont été une nuance qui j’ai trouvé, rendent le récit plus léger, l’histoire moins sordide. Il y a un espoir, une force de vivre et de continuer qui l’habitent à chaque instant. De plus, il n’hésite clairement pas à mettre ses qualités morales et humaines entre parenthèses pour se maintenir en vie en se créant des habitudes, un quotidien quasi identique chaque jour.

Sa résistance et son incroyable force de caractère m’ont impressionnée, quelque soit la situation dans laquelle il se trouve. A ce jour cependant, l’énigme entourant cette fameuse « femme du Ve » demeure entière me concernant, bien que j’ai depuis vu le film qui ne m’a pas plus avancée.

Au final, j’ai découvert un style envoûtant, une histoire passionnante, du suspense et des soupçons d’humour… Vraiment, de mon point de vue, Douglas Kennedy passe en maître dans l’art de conduire des intrigues originales. C’est assurément un auteur qui a su me séduire et je manquerais pas de me plonger dans ses autres titres.

Je vous le conseille si…vous souhaitez vous introduire dans une histoire intriguante, pleine de secrets et de mystères, soulevée d’excellentes pointes d’esprit du narrateur (le personnage principal).

Extrait :  » Cet après-midi de grisaille, il y avait là une poignée de voyageurs en quête de bouffe snthétique à consommer dans le train, mais les tables étaient majoritairement occupées par des sans-abri, ou des immigrés, africains ou maghrébins, venus se réchauffer et se sustenter à  bas prix. En observant la salle, j’ai ressenti une curieuse solidarité avec ces gens qui vivaient à Paris mais en réalité habitaient dans un autre monde, qui n’avaient pratiquement aucune chance d’améliorer leur situation, qui restaient ignorés ou méprisés par les autres, ceux qui arrivaient à « s’en tirer ». Ce sentiment de camaraderie d’infortune était très hypocrite de ma part, je le savais : après tout, je ne cessais de lorgner sur l’autre côté de la fracture parisienne, moi. Un bel appartement, une petite amie cultivée, cinéphile intellectuelle mais sexy, dîner dans les meilleurs restaurants, prendre un verre au Flore sans se soucier des tarifs exorbitants qui y étaient pratiqués… »

Précision : Le roman a été adapté au cinéma en 2011 avec Kristin Scott Thomas et Ethan Hawke.

La femme du Ve_film2011

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