Le chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi

Le chat qui venait du ciel, Hiraide Takashi, Philippe Picquier, septembre 2006

Résumé : Voici un roman touché par la grâce, celle d’un chat « si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême ».

Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s’en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d’un immense et splendide jardin, et au coeur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l’incarnation même de l’âme du jardin, gagné peu à peu par l’abandon, foisonnant d’oiseaux et d’insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis…

Mon avis : Quel beau roman ! Une bien belle découverte que je dois à l’un de mes passages dans une foire aux livres.

L’auteur ne me parlait pas du tout, encore moins l’histoire…mais j’ai profondément aimé les premières lignes et la légèreté qu’il s’en dégageait. J’avais l’impression de marcher sur l’eau, de contempler un ciel étoilé et une nature étrange. J’ai laissé la magie de l’écriture faire son oeuvre, emportée ailleurs, dans une ancienne demeure japonaise, bercée par les aventures de ce jeune couple qui fait la connaissance de ce chat, mystérieux de prime abord.

Les gestes pour se montrer attentif, le petit être qui vient dire bonjour, les fleurs qui ornent le jardin…tout semble être tout droit sorti d’un rêve et il n’en est cependant rien. Sans jamais nouer de véritable contact tactile, une relation d’une infinie douceur va s’installer entre ces humains et cet animal câlin et joueur. Comment se rendre compte de l’importance de l’entrée d’un être dans sa vie, aussi petit et aussi inopportun soit-il ? Pourtant, le temps va s’écouler, laissant deviner de jolies parenthèses enchantées, celles de moments empruntés, volés à la vie, rares mais tellement beaux…

Une joie qui réchauffe le coeur, celle de l’apercevoir tout proche, de le voir venir à la rencontre, heureux comme cela se lit sur sa frimousse taquine. Et voir le quotidien différemment, autrement, plus gai. Comme s’il y avait davantage de couleurs, de lumière, de soleil. Et d’un coup, tout voir en noir et blanc. Se délecter d’une absence qui aura été aussi brutale qu’intense. Une entrée dans une vie comme un ange et qui en est tout d’un coup ressorti. Laissant derrière lui des souvenirs d’une tendresse infinie…

Je vous le conseille si…vous souhaitez lire de la poésie colorée, une histoire douce et enchantée. Un ravissement à l’état pur.

Extrait : «  Quand on flânait ensemble dans le jardin, son corps était à certains moments soulevé par des vagues, il communiait avec le lieu avant de se mettre à courir loin comme un fou, escaladait le sommet d’un arbre, et comme s’il voulait s’échapper davantage encore, il balançait son coprs dans le vide, tremblait avant de se préparer à bondir… Il m’a été donné d’être le témoin de tous ces instants extrêmes. « 

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