Ulysse from Bagdad, Éric-Emmanuel Schmitt

Ulysse from Bagdad, Eric-Emmanuel Schmitt, Le livre de poche, 1er septembre 2010

Résumé : « Je m’appelle Saad Saad, ce qui signifie en arabe Espoir Espoir et en anglais Triste Triste. »

Saad veut quitter Bagdad et son chaos, pour gagner l’Europe, la liberté, un avenir. Mais comment franchir les frontières sans un dinar en poche ? Tel Ulysse, il affronte les tempêtes, survit aux naufrages, échappe aux trafiquants d’opium, ignore le chant des sirènes, et doit s’arracher aux enchantements amoureux. Tour à tour absurde, bouffon, dramatique, le voyage sans retour de Saad commence…

Mon avis : Découvert au hasard lors d’un marché aux puces, ce titre m’a immédiatement interpellée : Eric-Emmanuel Schmitt fait parti de mes auteurs favoris et ce livre tombait donc à pic ! Plutôt en bon état, il est vite passé des étals à mes mains qui se sont empressées de tourner les pages encore et encore, jusqu’à plus soif !…

Ce livre est tout bonnement sublime ! J’ai adoré me plonger dans cette aventure, vivant à chaque seconde les périples de Saad, la fatigue, la faim, la peur, l’angoisse qui mord le ventre, l’envie de s’en sortir, la persévérance, la patience, l’amitié, les joies des rencontres, mais surtout un courage à toutes épreuves lui permettant de ne pas se détourner de son objectif initial.

Cette lecture a donc été pour moi un véritable coup de coeur car on sent à travers les lignes les perceptions de Saad, ses réflexions, ses émotions, son injustice, ses envies et ses rêves, alors qu’à chaque pas l’abandon le guette, tapi dans l’ombre comme un ennemi prêt à s’abattre sur lui. Rusé, espiègle, de bon coeur et humain, ses qualités intérieures vont lui permettre de dépasser tous les obstacles se présentant sur son chemin. Un régal.

Je vous le conseille si…vous souhaitez découvrir l’auteur ou poursuivre votre connaissance avec sa plume en entamant un voyage original et hors du commun qui ne vous laissera pas indemne.

Extrait :  » Il y a des rêves qui nous tiennent endormis et des rêves qui nous tiennent éveillés. Mon désir de partir me donnait une énergie inépuisable, une force constante, renouveléee, plus grande que moi, capable d’outrepasser toute limite, y compris celle du bon sens. Pourquoi ai-je quitté l’Egypte plutôt que de m’y installer ? Si j’avais posé là mon balluchon, si j’avais abandonné au Nil mes envies d’Occident, j’aurais pu me construire une situation solide en m’épargnant des années de souffrance et d’humiliation. Pourquoi ? Rien n’aurait été plus aisé que de basculer de Bagdad au Caire, d’une capitale arable à une autre capitale arabe. Pourquoi ? Lorsque nous retournons sur notre vie, elle nous apparaît bourdonnante de « pourquoi » que nous n’entendions pas, fourmillante de carrefours où nous n’apercevions que des lignes droites. « 

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